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Début 2006,
devant le refus persistant de la Préfecture de Police de Paris
d'ouvrir le périphérique une journée aux circulations
douces, l'association a décidé de renforcer la mobilisation
pour susciter l'adhésion des franciliens au
projet "La
Périféerique". Interview du président de La Périféerique Récit du déroulement de « Cœur ou moteur ? » Par Dimitri Dorès La météo hivernale des ces derniers jours pouvait laisser
imaginer une matinée difficile pour les acteurs de l'opération « Cœur
ou moteur ? ». Tout le monde était au rendez-vous : Rémi le cycliste, Eric le roller, Benoit le piéton, et le malheureux automobiliste qui avait accepté de relever le défi du périphérique parisien et dont nous tairons le nom ! Le départ est donné à 8h30, en présence
du Maire de Clichy, Gilles Catoire, par son adjointe Catherine Alfarroba,
sous le regard des deux huissiers chargés de contrôler
le bon déroulement du test comparatif. 8h44 : premier ralentissement sur la bretelle d'accès au périphérique Porte de Clichy pour l'auto. Les membres de l'association en transports doux déroulent tranquillement dans Paris, presque sans efforts, si ce n'est pour les redémarrages aux feux rouges ! Direction St Lazare. Alors qu'une embellie laissait espérer à la voiture de trouver un périphérique ouest étonnement fluide à cette heure matinale, la dure réalité vient se rappeler à notre testeur. Ca bloque à nouveau. Il est déjà 8h53, et pendant que les transports doux ont passé la Concorde et bien entamé le Bd St Germain, la voiture peine à dépasser la porte d'Auteuil. L'automobiliste comprend qu'il est en train de perdre le test. 8h57 : le panneau de signalisation lumineux du périphérique annonce « Porte d'Orléans : 32 mn ». Ca tourne au calvaire. Dans une circulation fluide, voire agréable, dans un Paris intra-muros dont le ciel s'est dégagé pour faire place à de jolies éclaircies, le cycliste et le roller se régalent aux alentours du Parc Montsouris. Ca roule ! Le piéton, tranquillement installé dans son wagon de métro puis de RER, lui, lit son journal. Il ne compte pas se laisser distancer par les longs couloirs de correspondance. Il a une arme redoutable : sa trottinette ! Et pour lui aussi, ça roule ! Pendant ce temps la voiture est bloquée sur l'anneau extérieur. Pare choc contre pare choc, suivi de près par un huissier qui contrôle qu'il ne dépasse pas la vitesse autorisée. Ce sera difficile ce matin d'atteindre les 80 km/h ! Tout va très vite pour les heureux promoteurs de la mobilité durable.
Voici le stade Charléty puis la Porte de Gentilly. La Mairie
n'est plus qu'à quelques encablures. 9h29, après avoir passé le dernier nœud de circulation de la Porte d'Orléans, la voie devient enfin fluide. Il faudra encore 6 minutes pour descendre vers la Mairie de Gentilly pour arriver bon dernier de ce test. Reste à se garer, et ce n'est pas gagné. Premier tour de pâté de maison. Deuxième tour. Rien. Pas une place autorisée, pas moyen de laisser la voiture. Alors il faut aller plus loin pour enfin trouver un petit espace pour laisser les 2 tonnes de métal. Ce n'est effectivement qu'à 9h47 que l'automobiliste, devenu piéton, arrive laborieusement sous le chapiteau dressé par les élus de Gentilly qui ont chaleureusement accueilli l'association pour cette opération de démonstration exceptionnelle.. Une matinée tout à fait ordinaire pour une voiture sur le périphérique. Un parcours de santé pour les autres moyens de transports…. Carte du parcours
Interview du président de La Périféerique sur les objectifs et le déroulement de l'opération Cœur ou moteur ? Pourquoi ce test ? L'association milite depuis plus
de trois ans pour l'ouverture du périphérique aux modes
de circulation à propulsion humaine… au-delà de
cela, il s'agit d'encourager les franciliens à réserver
l'utilisation de leur voiture aux seuls cas où cela est nécessaire. Pourquoi un trajet différent pour voiture et circulations douces ? Pour aller du nord au sud de Paris, les automobilistes ont l'habitude de contourner la capitale en empruntant le périphérique. Pour leur part, les adeptes des circulations douces passent au plus court, par le centre de Paris. Ces parcours correspondent donc aux pratiques de chacun. Nous avons cependant mis une voiture témoin sur le même parcours que le vélo et le roller. Elle est arrivée juste quelques minutes avant celle du périf, bénéficiant ce jour-là d'une circulation particulièrement fluide dans Paris, situation assez rare à cette heure matinale ! Est-ce que le vélo et le roller ont respecté le code de la route ? Oui, pour montrer que le vélo
est gagnant sur la voiture même en respectant les feux rouges.
Le cycliste et le roller ont traversé Paris en roulant à une
vitesse « raisonnable », à la portée de tout
adulte en bonne santé et permettant de rester « présentable » à l'arrivée
! L'opération « Coeur ou moteur ? » ne visait
pas la performance sportive mais avait pour but de montrer que la pratique
régulière et utilitaire des transports doux, notamment
sur les trajets domicile-travail, est possible pour une large majorité de
la population. Mais il faut avancer vers un code de la rue, avec des
dérogations pour les cyclistes, pourquoi pas aussi sur certains
feux rouges ? S'il ne circulait que véhicules à propulsion
humaine, il y aurait besoin de moins de feux rouges. Pourquoi un départ et une arrivée dans les communes de banlieue ? Nous avons voulu montrer qu'il
est possible de se déplacer à vélo ou en roller,
de banlieue à banlieue. Avec Cœur ou moteur ? et La Périféerique, ne risquez-vous pas d'opposer les automobilistes aux piétons ? Notre démarche ne s'oppose
pas à l'automobile. Nous sommes bien conscients de son
rôle au plan économique et de l'importance du Périphérique
pour la circulation en Ile-de-France. Nous ne voulons pas non plus
opposer les piétons et cyclistes aux automobilistes, d'autant
que beaucoup de gens sont tour à tour l'un ou l'autre,
selon les circonstances.
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